APPEL 2025 DU RESAP - Faisons face à l’agrobusiness, organisons-nous et renforçons l’agriculture paysanne !!

, par MH

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Le Réseau de Soutien à L’Agriculture Paysanne (RéSAP) appelle les forces militantes et associatives à lutter ensemble en Belgique, contre l’agrobusiness qui écrase l’agriculture paysanne et empoisonne la terre, l’eau et nos corps. Dérèglement climatique et extinction de masse des espèces, inégalités croissantes mais aussi disparition des paysan·ne·s : ce modèle d’agriculture, dépendant de ressources naturelles en voie d’épuisement, est destructeur de la vie des sols et ne garantit pas notre sécurité alimentaire. Une seule solution pour y faire face : continuer à nous organiser face au rouleau compresseur de l’agrobusiness, construire notre souveraineté alimentaire en soutenant ici et ailleurs une agriculture paysanne, agroécologique et rémunératrice pour les paysan.ne.s. Le RéSAP invite à nous relier avec force et convivialité, dès maintenant.

Le RéSAP est le Réseau de soutien à l’agriculture paysanne en Belgique francophone. Nous sommes des représentants d’organisations agricoles et paysannes, des associations environnementales et d’éducation populaire, des collectifs d’habitant.e.s en lutte sur leurs territoires et dans leurs villes, des organisations de solidarité internationale, des acteurs de l’économie sociale et des circuits courts alimentaires, des activistes, des citoyen.ne.s et militant.e.s jeunes et moins jeunes.

Depuis 2012, c’est par l’action et les mobilisations, l’organisation dans nos villes et nos territoires que nous luttons avec toutes celles et ceux qui, ici comme ailleurs, veulent reprendre le contrôle de leur alimentation. Nous sommes révoltés par les ravages de l’agrobusiness et d’autres forces capitalistes qui ont mis la main sur nos systèmes alimentaires. Nous le rappelons chaque année depuis 2012 lors du 17 avril ; journée mondiale des luttes paysannes.

Début 2024, aidé par La Confédération Paysanne et inspiré par le mouvement des Soulèvements de la Terre (France), nous nous sommes questionné.e.s sur notre rôle et notre impact réel (et minime) dans les rapports de force en cours. Lors des colères agricoles de fin janvier, nous avons rejoint les organisations paysannes membres de la Via Campesina dans leurs mobilisations, parce que nous savons que la destruction des conditions de vie des paysan.ne.s comme la destruction des écosystèmes et de nos conditions de vie en ville comme en milieu rural, profitent aux mêmes personnes.

Allons-nous encore longtemps laisser faire les lobbys industriels, les géants de l’agro-alimentaire, les politiques écocides et certains pouvoirs publics qui les soutiennent ? Nous ne supportons plus de voir le saccage de notre planète se dérouler sous nos yeux. Nous pensons qu’agir ensemble sur nos systèmes alimentaires, est une priorité, et une force, car se passer à moyen terme de l’agrobusiness, est une condition pour rendre meilleures nos vies ici et ailleurs, celles de tous les êtres vivants et celles des générations futures.

L’agrobusiness nous met en danger

L’agrobusiness nous a fait miroiter le meilleur avec ses pesticides, ses engrais de synthèse, ses pratiques intensives et son hyper-mécanisation. Nos deux dernières générations ont vu progressivement les oiseaux disparaître, nos sols s’appauvrir, nos corps s’empoisonner, des fermes disparaître, écrasées sous le joug du rendement alors que des jeunes veulent s’installer ou reprendre la ferme familiale. 
Les alternatives comme le bio, les circuits courts, les produits paysans, sains et de qualité, ne peuvent être simplement réservées à une partie de la population. Ces marchés de niche ne peuvent servir à cautionner le système dominant sous prétexte de juste donner le choix aux consommateurs et consommatrices. De même, l’aide alimentaire pour les plus précarisé·e·s ne peut être une soupape à cette machine bâtie sur la surproduction, la surconsommation et l’accroissement des inégalités.
Par ailleurs, l’effondrement de la biodiversité, conjugué au dérèglement climatique, est une menace pour notre production alimentaire et les conditions même de notre survie.
Sans des sols vivants, sans insectes pollinisateurs, dans un contexte de sécheresses et d’inondations, nous sommes aujourd’hui au fond de l’impasse de la logique productiviste. Notre système alimentaire est basé sur des imports-exports massifs et mondialisés grâce à des accords commerciaux dits de “libre-échange”. Mais ce modèle, loin de nous libérer, est très fragile et nous emprisonne dans un monde de dépendances. 
Au cœur de la catastrophe qui se déroule sous nos yeux, les paysan.ne.s et les agriculteurs.trices sont en train de disparaître. De 2008 à 2018, plus de quatre millions d’agriculteurs et agricultrices en Europe ont dû quitter leurs fermes, soit 1000 par jour ! Cette disparition silencieuse se fait dans de profondes douleurs entraînant des drames humains. Pour survivre, certain·e·s s’engagent dans des investissements et des contrats qui les enfoncent toujours plus dans la dépendance, au détriment de l’autonomie de leurs fermes. 

Unir nos forces pour l’agriculture paysanne et ses pratiques agroécologiques est un choix d’avenir…

Face à ce système dominant et destructeur, en Belgique et partout dans le monde, des paysan·ne·s et des citoyen·ne·s résistent et mettent en œuvre une alternative viable et porteuse d’avenir : l’agriculture paysanne. 
D’autres systèmes alimentaires sont possibles. Relocalisés, résilients et réparateurs du vivant. Des approches existent - et fonctionnent déjà - conjuguant biodiversité et productivité agricole, de manière écologique, systémique et démocratique. Pour les déployer à large échelle, nous allons continuer à livrer bataille, unir nos forces et construire des alliances et résistances nouvelles, tout en soutenant ceux et celles qui expérimentent déjà d’autres pratiques de la semence à l’assiette. 
Nous voulons remettre une agriculture à taille humaine au cœur du système et reprendre en main notre alimentation et notre production, acheter et vendre en filière courte, travailler dans des conditions dignes, élaborer une gouvernance démocratique de nos productions alimentaires accessibles à tout le monde, en lien avec les chantiers de sécurité sociale alimentaire qui émergent ici et là sur nos territoires. 
Une transition globale de l’agriculture européenne vers des méthodes agroécologiques dans les 10 prochaines années permettrait, d’ici à 2050, de restaurer la biodiversité et les ressources naturelles (eaux, sols…), d’émettre moins de GES et de stocker du CO², tout en assurant une alimentation saine et suffisante pour les européen.nes.
Réussir à généraliser cet autre modèle agricole est notre immense défi. Tandis que certain·e·s agriculteurs/trices produisent déjà en accord avec leurs valeurs, d’autres sont pris dans l’engrenage de l’endettement. Et toutes et tous vivent bien souvent avec un revenu sous le seuil de pauvreté, sans compter leurs heures. Leurs produits sont généralement vendus sous les coûts de production car mis sous pression par les supermarchés et l’agrobusiness. Les producteurs·trices veulent des revenus décents et s’insurgent contre le prix du foncier, exigeant un accès plus aisé et plus sûr à la terre.
Plus que jamais, nous avons besoin d’une agriculture nourricière, saine et respectueuse du vivant, un réseau dense de fermes « à taille humaine » et de conditions de vie dignes pour les paysans et paysannes.

Se mobiliser maintenant, s’organiser et renverser le rapport de force

Nos luttes comme nos alternatives sont absolument nécessaires mais, séparées les unes des autres, elles sont impuissantes face à l’agrobusiness. Nous savons que nos adversaires sont bien organisés et ont pour eux la puissance financière et les privilèges y afférents (médias dominants, puissance marketing et économique, relations avec les pouvoirs publics...). Pour inverser ce rapport de force, nous allons continuer à passer à l’action dans nos régions, territoires et villes pour pointer les responsables de cette situation et rendre visible leur rôle dans ce système alimentaire mortifère.
Nous allons continuer à nous organiser et tisser des liens entre ici et d’autres “ailleurs” sur la planète, entre les villes et les campagnes, entre les réseaux agricoles et les réseaux écologistes, entre les dynamiques activistes et les agriculteur·trice.s, entre des lieux de vie à la campagne et des espaces en milieu urbain, entre des mouvements autonomes et des organisations institutionnelles, entre les organisations de solidarité internationale et les associations locales de lutte contre les inégalités. Nous ferons les liens entre nos luttes de terrain et le plaidoyer politique afin d’obtenir des politiques publiques qui soutiennent l’agroécologie. Nous appellerons par moment à faire alliances avec d’autres mouvements sociaux en respectant leurs urgences et singularités et à rassembler nos forces quand les batailles l’exigent, dans les petites et grandes luttes paysannes présentes et à venir.

Reliez-vous au ReSAP ; Tous et toutes avec les paysans et paysannes !

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